
Un travailleur belge sur huit (12,3 %) envisage de changer d’employeur à court terme. C’est ce que révèlent les nouveaux chiffres du fournisseur de services RH Securex. Il s’agit d’une augmentation frappante : en 2021, ce pourcentage était encore de 6,83 % des travailleurs. Le pourcentage de travailleurs souhaitant changer d’employeur à long terme est resté stable à 19 %. En collaboration avec la KU Leuven, Securex a mené une étude sur le rôle crucial des styles de leadership dans la rétention des travailleurs belges. Les patrons passifs courent le plus grand risque de perdre des membres de leur équipe : 17,3 % d’entre eux envisagent de quitter leur employeur à court terme.
Ces dernières années, l’intention concrète de départ – le nombre de travailleurs indiquant vouloir changer d’employeur à court terme – a considérablement augmenté. En 2021, ce chiffre s’élevait encore à 6,83 % des travailleurs belges. Selon la nouvelle étude de Securex, ce chiffre a presque doublé pour atteindre 12,3 % en 2024. En outre, Securex révèle pour la première fois un lien clair entre le style de leadership et l’intention de départ des travailleurs.
Les travailleurs qui ressentent un leadership passif sur leur lieu de travail, caractérisé par un manager absent ou indécis, sont les plus susceptibles de vouloir quitter leur employeur, à hauteur de 17,3 %.
Dans le cas du leadership contrôlant, l’intention de départ à court terme est de 12,2 %, soit la moyenne sur le lieu de travail belge. Ainsi, bien qu’un comportement contrôlant ou avec de la microgestion de la part d’un manager puisse avoir un effet fortement négatif sur le bien-être1 des travailleurs, il ne conduit donc pas à une intention de départ supérieure à la moyenne sur le court terme.
En revanche, un leadership soutenant l’autonomie et offrant une structure conduit à la plus faible intention de départ, avec respectivement 9 % et 8,8 %. Securex et la KU Leuven avaient déjà indiqué que ce style de leadership était moins fréquent en 2024 qu’en 2021². L’inverse est vrai pour les styles passif et contrôlant. Les styles de leadership évoluent donc de plus en plus vers des styles provoquant une plus grande intention de départ.
Investir dans un bon leadership pour garder les talents
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée exerce une forte pression sur le marché du travail belge. La transition démographique, avec plus de personnes quittant le marché que de personnes y entrant³, signifie que les talents nécessaires sont devenus rares. Raison de plus pour les entreprises d’investir dans un bon leadership afin de garder les talents présents dans leur organisation, surtout dans un contexte qui crée une pression supplémentaire et de l’incertitude chez les managers.
“Dans un contexte où chaque employé compte, les organisations ne peuvent se permettre un leadership passif. Les managers sont des acteurs clés pour créer un environnement de travail motivant et stimulant où les travailleurs se sentent suffisamment soutenus. Bien que le turnover puisse conduire à de nouvelles perspectives et à l’innovation, cette étude montre qu’un bon leadership a un impact positif sur la rétention des travailleurs talentueux au sein de l’organisation,” souligne Stephanie Heurterre, Senior HR Consultant Securex.
“Les managers jouent un rôle important dans les organisations : on attend d’eux qu’ils puissent contribuer aux réflexions de fond, mais aussi qu’ils soient attentifs au côté humain. De plus, les travailleurs attendent également d’eux qu’ils soient disponibles, et les managers passifs ne le sont pas. Pour résoudre ce problème, les organisations peuvent évaluer comment soutenir leurs managers pour miser davantage sur le soutien à l’autonomie et la structure en se posant la question suivante : les managers ont-ils les compétences et le temps de s’y investir ?” indique le Professeur Anja Van den Broeck (KU Leuven).
Profils souhaitant quitter l’entreprise à court terme
Outre le style de leadership, il existe également un lien entre les types de contrats et l’intention de départ à court terme. Les travailleurs ayant un contrat à durée déterminée ont ainsi une intention de départ plus élevée (29,7 %) que leurs collègues en contrat à durée indéterminée (10,9 %). Les travailleurs (17,9 %) pensent aussi plus souvent à un départ à court terme que les ouvriers (10,1 %).
Securex a également établi un lien entre l’intention de départ et l’ancienneté. L’intention de départ à court terme est la plus élevée chez les travailleurs ayant moins d’un an d’ancienneté (23,5 %). Ensuite, elle diminue progressivement à mesure que l’ancienneté augmente. Pour les travailleurs ayant entre quatre et dix ans d’ancienneté, elle est de 13,3 %. Pour ceux ayant 21 ans ou plus d’ancienneté, elle tombe à 3,4 %.
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